Mon choix de partir

November 12, 2014

Une bonne amie de longue date, perdue de vue par la distance des saisons qui défilent, mais envers qui j'éprouve à la fois estime et confiance me lança à nos récent retrouvailles: "Quel projet! Mais.. dit moi Jimmy, est-ce que tu fuis quelque chose.. où quelqu'un par hasard? Est-tu en peine d'amour?"

 

Cette question me projeta vers une introspection à la fois intense et spontanée. Serais-je, sans m'en rendre compte, en train de réaliser un projet essentiellement égoïste, fondé sur la fuite de quelque chose qui m'incommode dans ma vie? Ai-je déguisé un vide intérieur en une soif de découvrir un monde à l'étranger de moi même?

 

Pourquoi, après tout, faire ainsi un saut si solitaire?

 

Bilan psychanalytique à part, j'ai cumuler les secondes de silences et de réflexions afin de lui répondre que "non, du moins, je ne crois pas".

 

Mon désir de partir, vient surtout de ma curiosité. Envers le monde, mais surtout envers moi même, ma capacité à survivre et même m'épanouir au millieu de l'inconnu.

 

Au fond, bien au contraire, je part car j'ai une richesse qui demande à être dépensée. Celle d'une culture enrichie par la diversité que l'on cultive en grandissant à Montréal. Et celle d'une conscience sociale que l'on développe lorsque l'on comprends mieux les inégalités sociaux dans ce monde, sans pour autant les accepters. Entre "partir" et "quitter", il y aurait, au delà de la sémantique, un monde de différence. 

 

Brel en serait rassuré, mon choix et de partir, et non de quitter.

 

 

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